Contact avec la Mère-Terre

L'être humain possède un pouvoir ignoré.

 

Ce pouvoir, il l'a contracté autrefois, à l'aube des temps.

Un immense manteau de splendeur recouvrait alors la Terre entière : la Nature !

Des hommes vivaient pieds nus sur cette Terre sacrée.

Il aimaient la Terre, la vénéraient et cherchaient passionnément à la comprendre.

Leur corps animal vibrait en intimité avec le moindre de ses messages. Pluie, vent, palpitations du ciel, lumières, étoiles et soleil, tout ce qui frémit déposait ses enseignements pour s'inscrire durablement dans leur conscience.

La Nature parlait. La Nature était religion à part entière, et savait guider ces hommes premiers qui parvenaient à lire en elle.

Ces hommes aujourd'hui vivent encore en moi. Comme eux, je me sens dépositaire d'un immense héritage, dont mon corps porte l'empreinte.

De toutes mes fibres, je ressens cet appel du sol, de la terre et de mes pieds. Cette Terre porte la mémoire d'un éden que l'histoire ignore totalement. Et c'est mon corps qui me le rappelle.

Nu, je reçois l'invisible. Par mon ventre, j'absorbe ce vent occulte qui monte des profondeurs souterraines pour communier avec le ciel à travers ma peau, mes membres, mes organes. C'est un feu venu de terre pour distiller la vie en moi et renouer avec les origines.

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Mon corps est précieux, comme un don du ciel. En l'offrant et en l'exposant aux éléments je renoue avec les langages perdus. Tout m'inonde, et me parle. Vent, eau vive et eau dormante, rocher perdu ouvert à la Lune, crépitement de l'invisible dans la voute des cieux, je découvre une multitude secrète qui me parle du pouvoir caché qui est aussi en moi.

Ma nudité me réintègre dans une certaine forme de puissance, attisée par mon ardeur gourmande pour toute la Nature dans la révélation de l'instant présent, d'une brise qui se lève, du miracle d'un rayon de soleil, de l'œil complice d'une fleur jaillissant d'un talus.

Par ma peau mon cœur frémit, palpite, ressent tout ce qui danse autour de moi dans un faisceau exacerbant les capteurs de l'invisible.

 

Je me sens observé, écouté, jaugé aussi parfois et il me semble que ma nudité est l'ambassadrice la plus affûtée pour me permettre de me fondre avec abandon dans les royaumes qui m'accueillent. Je m'offre, vulnérable et comblé.

Je scelle ici un accord intime avec la Terre.

Nu, sans aucun voile, sans artifice, avec mon Aura pour seul vêtement je me sens plus que jamais moi-même.

Ici, au cœur de la Nature je me sens animal, fluide, pur, dans la plus délicieuse des simplicités abandonné avec confiance à ma mère bienveillante.

 

Ma MÈRE-TERRE, qui me couve de ses murmures bienfaisants...